vendredi 16 mars 2012

J'ai lu "Bangladesh Rickshaw" de Jean-Louis Massard

Jean-Louis Massard - Bangladesh Rickswaw
A la rencontre du Bangladesh et de ses conducteurs de rickshaw
Éditions Les 2 encres, 2012

C’est en octobre 2008 que Jean-Louis Massard – voyageur, photographe – arrive au Bangladesh. A Dhaka. Il connait bien le sous-continent indien, qu’il a déjà parcouru. Mais ce qu’il va chercher lors de ce voyage, c’est la rencontre avec ces « humbles » conducteurs de rickshaw et le partage de leurs conditions de vie. Il a même dans l’idée de conduire lui-même l’un de ces vélos-taxis sur les routes du pays. Et Jean-Louis a raison : le voyage au ras du bitume et à la vitesse du pédalage est un excellent moyen de fréquenter les gens, de découvrir la société, de se coltiner avec la réalité.

On verra que le Bangladesh est un pays dont l’économie ne fonctionne pas comme dans certains pays occidentaux. Et que beaucoup d’habitants doivent se partager les ressources. Ainsi, dans un restaurant, plusieurs « commis » assurent chacun une petite tâche, en complémentarité, alors que le travail pourrait être fait par beaucoup moins de bras. Au ciné, la pub avant le film vante des articles de vaisselle ou des aliments, mais « rien pour les parfums, ni pour les voitures, ni pour les vêtements, rien non plus pour les nourritures pour chiens et chats, ni pour les produits à maigrir. » Jean-Louis fait beaucoup de rencontre et partage souvent le quotidien des gens qui le reçoivent. Ce qu’il appelle une « communauté familiale. » Il écrit même « j’ai vécu là trois jours hors du temps. J’ai rencontré l’exceptionnel. »

Mais bien sûr la grande partie de ce récit porte sur « l’aventure » en rickshaw. Car un jour c’est le grand saut. « Après quelques centaines de mètres je demande à Mustaffa de stopper. Je me sens d’attaque. Il descend de selle, grimpe sur la banquette tandis que je me mets au guidon. Des piétons témoins de la scène s’arrêtent et nous regardent procéder à ce changement de driver avec des yeux incrédules. Un coup d’œil vers l’arrière, personne. Je me dresse alors sur les pédales. Un tour de roue, puis deux, puis trois. J’élance Milou. C’est parti ! » Sous le soleil ou la pluie de Old Dhaka, fasciné par cette ville « entre séduction et répulsion », Jean-Louis va partager le quotidien d’une Company de rickshaw-wallah, au guidon d’un tricycle aux couleurs chatoyantes, puis partir seul sur les routes du pays. Là aussi les rencontres seront variées et inoubliables. Il en rapportera une autre image du Bangladesh. Modestement il conclut que « ce voyage est une quête de rencontres avec des gens méprisés et une façon de leur rendre hommage, rien de plus. » Un récit plein de bruits, de couleurs, à la lecture duquel nos certitudes et nos habitudes sont bousculées. Dépaysement garanti.

Les premières lignes : « Premières heures. Acte 1. 7 octobre 2008. Dhaka. Banlieue nord. Airport road. Quartier de Kolatori. La circulation est dense et surchargée. Pétarades et vrombissements de moteurs retentissent. Des cyclos, des rickshaws, des CNG, ces petits triporteurs verts motorisés, des autos, des bus, des camions. Un coup d’œil vers l’arrière, et Mattahab, notre rickshaw-wallah, se dresse debout sur ses pédales, tire le guidon à lui et jette lourdement son corps en arrière, puis le bascule vers la droite, se redresse péniblement, puis le bascule vers la gauche. Deux passagers à tracter sur un tricycle sans vitesse d’une centaine de kilos. »

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