dimanche 1 avril 2012

J'ai lu "Espíritu pampa - Sur les chemins des Andes" de Sébastien Jallade


Sébastien JALLADE
Espíritu pampa - Sur les chemins des Andes
Éditions Transboréal
Paru le 7 mars 2012
180 pages - 20,90 euros

C’est quoi les Andes ? Un « territoire inaccessible ? » Un « enchevêtrement de couleurs sans orgueil » ? « Tout se ressemble : une vallée, puis une autre, un écheveau de montagnes si monotone qu’il m’empêche de trouver mon chemin. » C’es pour essayer de répondre à ces questions, de comprendre, que Sébastien Jallade nous propose un incroyable périple dans Espíritu pampa - Sur les chemins des Andes. « Marcher sur la grande route inca en ignorant le temps présent n’aurait aucun sens. » Marcher sur le Qhapaq Ňan – nom quechua signifiant « chemin royal » souvent traduit par le Chemin de l’Inca – en ignorant qu’il fut un « axe majeur d’autres enjeux, ceux de la conquête espagnole et des premières tentatives d’évangélisation » n’aurait évidemment pas plus de sens. Le Chemin de l’Inca fut un axe essentiel de l’économie et de la politique de l’Empire Inca. Qu’est-ce qui existait avant cette conquête – dans le quotidien, mais aussi dans l’imaginaire ; quelles sont les croyances qui ont façonné ce Nouveau Monde ? Qu’est-ce qu’il en reste aujourd’hui ? Est-il possible de parvenir à un « syncrétisme » en parcourant ces chemins ? Est-ce souhaitable ?

Sébastien Jallade a parcouru les Andes durant quatre années, de l’Équateur à la Bolivie. Il a rencontré des gens, très différents : des paysans – et des paysannes –, des artisans, des artistes, un librairie, une ouvrière de poupée, un animateur de radio, des mineurs, des gens ordinaires, un peintre… Sans se « limiter au champ étroit de la géographie », il a visité les lieux, les plazas de armas, les marchés aux bestiaux, les sites archéologiques de Cuzco, les sentiers vertigineux, les places de villages, les musées, les « Bienvenido al señor turista », les vallons froids et ventés à 4000 mètres d’altitude. Parfois en perdant son chemin. Mais toujours à la recherche d’un « esprit », d’une éventuelle identité collective. Il a cherché la « cité perdue », et Pachachaca, le « pont sur le monde », la rivière Pampas et les innombrables églises des villages andins, les canyons profonds et arides. Il a récolté les paroles, les faits, les croyances. « Je veux toucher à ce pays-là, qui résonne des mille visages du territoire andin, de ses habitants et du faisceau inédit des possibilités qui s’offrent à eux. »

Parfois les jours passent « identiques et monotones », à d’autres périodes « le vent siffle dans la pampa interminable et le soleil se répercute sur la terre calcinée. » Et c’est à Lima, dans les rues du quartier touristique de la ville – et aux abords du malecón – que la quête s’achève, au moins provisoirement. Sébastien Jallade, le caminante, le marcheur – « Je marcherais, je regarderais, je rencontrerais, je m’abreuverais » – déjà auteur de films et animateur de sites Internet sur le sujet – ajoute son « enquête » personnelle à la mémoire du Chemin de l’Inca. Une impressionnante bibliographie termine ce livre, avec cette particularité, que l’on aimerait voir plus souvent : les livres sont commentés. A ajouter sur les étagères de récits de voyages en Amérique du Sud.

Les premières lignes : « La première fois que j’ai découvert les routes incas, je me trouvais dans la communauté de Tarmatambo. Le toponyme m’inspirait – il signifie « le caravansérail des taras » en langue quechua, du nom d’un arbrisseau très présent dans les Andes. Voilà un village isolé qui était l’hériter des chemins précolombiens. La population s’était étroitement imbriquée autour des vestiges. Le centre cérémoniel était devenu un terrain de football, l’église était coiffée de vielles pierres récupérées sur un temple et les paysans cultivaient leurs champs autour de palais en ruine. »

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